L’innovation au service de la rééducation des soldats blessés

Eric Malbos, médecin en service de psychiatrie du Pr Lançon au CHU de la Conception, à Marseille, spécialiste du traitement par exposition à la réalité virtuelle.

Il y a un an, vous nous présentiez votre logiciel de réalité virtuelle…

Eric Malbos : oui, il s'agit d'un logiciel qui me permet de créer des environnements virtuels pour la thérapie. Dans le cas du casque de réalité virtuelle qui sera utilisé dans l'étude menée par le Lieutenant Pierre-François Rousseau, je me suis basé sur l'expérience de l'Armée française en Afghanistan.

Où en êtes-vous aujourd'hui ?

E. M. : L'implémentation et le montage sont en cours. Nous avons travaillé pour offrir aux patients des dialogues réalistes. Nous avons reçu les ordinateurs et les casques de réalité virtuelle. Nous sommes prêts à démarrer le recrutement des patients pour débuter l'expérimentation. Cela devrait intervenir à la mi-février.

Comment cela va-t-il se passer, concrètement ?

E. M. : Nous allons expérimenter le dispositif avec 30 patients. Nous allons mesurer les effets du traitement à la prazosine d'un côté, ceux de l'EMDR (eye movement desensitization and reprocessing- désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux en français) de l'autre. L'expérience va durer environ 8 à 10 semaines. L'objectif étant d'aider les patients souffrant de stress post-traumatique à retrouver un sommeil normal. Des TEP cérébral, des électro-encéphalogrammes et des questionnaires spécifiques permettront de mesurer les effets des traitements sur les patients.

Cette expérimentation fait partie d'un programme de coopération civile du CHU de la Conception, du service d'imagerie de la Timone (Pr Guedj) et l'institut des neurosciences (Dr Khalfa), à Marseille, qui étudie aussi les effets de la réalité virtuelle sur le stress, la peur des hauteur, le sevrage du tabac et la dépression.

Depuis ces dernières années, la prise en compte de l’État de Stress Post-Traumatique (ESPT), par le ministère de la Défense conduit le groupe AGPM à ajuster ses procédures afin d’améliorer sa prise en charge des militaires affectés par ce syndrome.

Pour mémoire, l'AGPM a apporté un soutien exceptionnel en 2014 avec le financement d'un casque de réalité virtuelle dans le cadre d'un projet de recherche, mené par l'Hôpital d'Instruction des Armées de Toulon.

 

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