« Ah bon ! Les militaires font la guerre maintenant… »

« Ah bon ! Les militaires font la guerre maintenant… »

« Ah bon ! Les militaires font la guerre maintenant… »

La guerre, c’est ce qu’on apprend dans les livres d’histoire ou ce qu’on voit à la télé. Ça fait penser aux périodes sombres de l’Histoire, à des génocides, bref, a priori c’est pas très glam.

En janvier dernier, l’Ecole de guerre a repris son nom (remplaçant le CID), cela a titillé mon esprit de citoyenne, non militaire. Que nous apprend ce changement ? Pourquoi intervient-il maintenant ?

Jeune femme civile, j’avais appris au contact de mes camarades anciens militaires que l’école de guerre avait existé jadis mais que son nom avait été changé en 1993 pour devenir le CID (collège interarmées de défense). Cet établissement, à l’époque, résultait de la fusion des écoles de guerre de chaque armée. Son nom devait surtout mettre en avant « l’interarmisation » de l’établissement. Bien vu pensé-je : en matière de communication, l’école de guerre,  çà fait un brin « old school », mauvaises périodes du siècle dernier.

Pourtant sur le fonds çà se justifie, vous me direz. Quand on s’engage, on est là pour avoir les pieds sur terre et une tête bien formée.

Et paf janvier 2011 : l’Ecole de guerre, le retour. Je me documente un peu, cherche des sources qui satisferaient ma curiosité. Je trouve des explications dans la fiche technique qui lui est consacrée dans Armées d’Aujourd’hui d’avril (AD’A pour les intimes).

Et je me dis : c’est vrai que depuis les années 90 (qui connaissaient moins de conflits), l’armée a véhiculé dans ses campagnes de recrutement des messages tournés vers le maintien de la paix, l’accomplissement de soi dans la réalisation d’une mission, l’attrait de la découverte et d’un enrichissement personnel par « l’aventure militaire », ou plus prosaïquement, l’apprentissage d’un métier.

Et depuis le 11 septembre, le conflit engagé en Afghanistan, les événements en Afrique du Nord, on n’est plus seulement dans le « désir de vivre une expérience humaine et professionnelle unique ».

On est dans la réalité d’un monde qui a changé : avec des conflits engagés -expression d’une décision politique nationale-, des troupes projetées là ou il y a un réel risque de blessure ou de décès. Ceci dans un environnement où la priorité demeure de limiter le risque au maximum et de préserver l’intégrité de nos chers soldats. Et le regard de notre société sur cette réalité, comment a-t-il évolué, lui ?

Changer de nom (et donc la forme du mot), c’est aussi changer le sens du mot, notamment auprès de l’opinion publique.

Finalement, je réalise une chose : faire la guerre pour les militaires dans l’opinion publique, c’était devenu comme les antibiotiques : pas automatique…

Alors pour sensibiliser les consciences, l’armée a décidé d’un petit coup de pouce… sémantique. Cette posologie suffira-t-elle ?

Qu’en pensez-vous ?

Mylène Dubranle

Responsable communication

2 réponses

  1. hyerloon
    Changer le nom de cette vénérable institution, c'est bien mais y a-t-on adapte aux changements de contexte ce que l'on y enseigne ? Je me souviens y avoir travaille sur de nombreux thèmes tactiques ayant pour theatre les plaines de champagne mais, c'etait dans les années 80.... Rassurez moi, ce n'est plus le cas, j'espère... Qui peut me répondre ? Hyerloon, promotion 81/83.
  2. michu51
    Les plaines de Champagne, cela reviendra avec la surprise stratégique dans 20 ans, à laquelle nous n'auront pas su nous préparer (CF 1870)...

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