L’état de stress post-traumatique : on peut s’en sortir (2/3)

L’état de stress post-traumatique : on peut s’en sortir (2/3)

Suite de l'entretien avec le Pr. Patrick Clervoy, spécialiste de l'état de  stress post-traumatique.

Professeur Clervoy, peut-on « réparer » les blessures générées par le stress ?

Patrick Clervoy : Oui, mais avec certaines conditions. Il faut d'abord poser le diagnostic. Un soldat dont le comportement change, qui est distrait ou qui se met à consommer beaucoup d’alcool, n'est pas devenu un « mauvais soldat ». C'est un homme en état de stress post-traumatique. Il nécessite une prise en charge à mettre en place rapidement et dans la durée.

Comment cela va-t-il se traduire ?

P. C. : D'abord en lui offrant un environnement sécurisé. Ensuite en lui proposant une psychothérapie. Le but : mettre des mots sur ce qu'il ressent.

Cela suffit-il ?

P.C. : Cela lui permet de construire un récit des évènements dans la continuité. Puis il va réapprendre les réactions de son corps. Parler produit un soulagement. Plus il va mentaliser sa situation, plus il pourra gérer les émotions excessives qu’il ressent. C'est le principe développé par Boris Cyrulnik avec la résilience : la capacité à retrouver une autonomie dans son existence. Arriver à parler de ce que l'on a vécu, sans subir les émotion qui vont avec… Une « cicatrisation » psychologique. Le psychisme peut alors reprendre sa fonction, comme avant.

Cela prend du temps ?

P. C. : C'est un travail de longue haleine. En fonction des cas, cela peut prendre de quelques semaines à quelques années. Il est important d'être pris en charge rapidement car plus le vétéran est resté sans soin, plus sa personnalité peut être esquintée par les stress répétés, et plus ce sera long à soigner.

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